La guerre éternelle
Livre
Edité par Editions Gallimard - 2026
"Pour donner à ma longue rêverie la forme d’un livre, j’avais besoin de voir. De la terre, des pierres, des arbres, un rivage. J’ai toujours besoin de voir. Je suis allé en Troade à la fin d’un mois de juin, alors que les coquelicots jetaient de grandes flaques rouges au milieu des champs de blé et d’oliviers où jadis s’affrontaient les héros."
Il y a quelque trente-trois siècles, des guerriers grecs ravagent une cité d’Asie Mineure qu’ils appellent Troïa ou Ilios. Les hommes sont massacrés, les femmes traînées en esclavage. C’était dans la nuit des temps, mais grâce à l’Iliade cela vit toujours dans notre mémoire. C’était, aussi bien, hier, aujourd’hui, demain : la tragédie de la destruction d’une ville n’a cessé d’être réécrite en lettres de feu et de sang, depuis Carthage un siècle et demi avant notre ère jusqu’à Dresde et Hiroshima, Marioupol et Gaza de nos jours. La guerre de Troie est éternelle, et Troie est la Mère de toutes les villes martyrisées.
O. R.
"Un livre sur la violence de la guerre. Passionnant et fort." Le Masque et la Plume.
"Dans un roman magnifique, Olivier Rolin met ses pas dans ceux d’Homère. Il écrit un chef d’oeuvre, une tapisserie tissée de carnage et de compassion." Le Figaro.
"La guerre de Troie a bien eu lieu. Elle se poursuit même. C'est ce que semble nous dire le beau et grave nouveau livre d'Olivier Rolin." Livres Hebdo
"Ni vraie ni fausse, l'Iliade ressortit à la légende et à l'Histoire." Transfuge
- Classification
- Essais littéraires ; LITTÉRATURE GÉNÉRALE ; Révolution ; Idéalisme ; Désillusion ; Utopie ; Insurrection ; Histoire contemporaine ; Militantisme ; Engagement politique ; Violence ; Mémoire historique
Avis
Avis des professionnels
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La guerre c'est mal. Eh oui.
« Vous vous souvenez de la chute de Troie ? Que faisiez-vous ce jour-là ? Vous vous souvenez des corps tombant des remparts, du bruit qu’ils faisaient en s’écrasant ? » Vous venez de lire les premières lignes de « La guerre éternelle ». Avouez que comme entrée en matière, ça ne laisse pas indifférent. Si l’Iliade et l’Odyssée sont les matrices du roman occidental, Troie est la mère de toutes nos guerres. Et si nos romans parlent de massacres, Olivier Rolin aimerait bien que l’on sache tout de même de quoi il s’agit. Et tant qu’à faire, être toujours du côté des victimes. En l’occurrence, ici, les Troyens. Futile ? A voir. Car être du côté des Troyens, comprendre qu’Ulysse, Agamemnon et leurs petits copains sont des assassins, c’est être empathique des Gazaouis, des Ukrainiens de Marioupol, des femmes kidnappées et violées et massacrées par le Hamas le 7 octobre 2023. Et de tant d’autres, « évidemment ». C’est sur cet « évidemment » qu’Olivier Rolin voudrait que l’on s’arrête un peu. Avec la justesse qu’on lui connaît. Oh, rassurons-nous, ça ne parlera pas que de « la guerre éternelle ». Car Troie la mythique fut aussi une odyssée pour celles et ceux qui ont passé leur vie à en chercher les ruines du côté des Dardanelles. Quelle chance avons-nous de pourvoir lire un auteur comme Olivier Rolin qui ose parier sur notre plaisir et notre désir d’écouter, de réfléchir et de comprendre. De nous arrêter. « La guerre éternelle » est une digression remarquable à la fois sévère et flâneuse. Quoi qu’il en soit, nous y sommes entre de très bonnes mains
Christophe, bibliothèque de Varces - Le 03 octobre 2026 à 09:41